Ultra trail des 4 massifs

Publié le 28 Août 2014

UT4M

 

Résumé de Patrice :

 

Ce week-end, 3 vaillants collègues et moi-même étions engagés au récent mais déjà célèbre ultra trail des 4 massifs. Nous avions choisis la version en relais à 4 pour effectuer les 168 km et 10000 m de dénivelé.


J'ouvre donc les hostilités ce vendredi 22 août à 8 h au parc Paul Mistral où l'ambiance est terrible, DJ, spectateurs, animations et top départ donné par M. le maire de Grenoble et son pistolet vert... qui claquera à retardement d'ailleurs.

 

Le peloton de fauves s'élance donc par les grands boulevards sous bonne escorte en cette heure d'entrée de bureau, je commence déjà à regretter le mien en sentant le poids du sac sur mon dos, rempli d'eau et du matériel obligatoire non-light. La traversée se fait à vive allure, au son des concurrents qui bavardent, alors que j'ai déjà perdu 1 litre de sueur en silence. Arrivée aux Vouillands, le troisième relayeur m'encourage en famille puis, le ton du jour est donné, le mur se dresse devant nous, je lève rapidement les yeux et aperçois les premiers concurrents 1 km plus loin et 100 m plus haut. Habitué à gérer les fonds de peloton, je déplie mes bâtons et prends mon rythme ascensionnel de croisière sans me soucier du reste.

 

La montée jusqu'à la Tour sans venin est bien régulière, mais nous sommes encore nombreux et mal hiérarchisés, du coup je galère un peu à doubler les troupeaux de bavardeurs avant de me trouver à ma place, ensuite c'est grimpette jusqu'à la base du tremplin, puis la première vacherie du parcours, les escaliers jusqu'en haut du tremplin qui ravagent les cuisses, je pousse un maximum sur les bâtons pour les solliciter le moins possible. Premier ravito, saucisson !! Je résiste à l'appel du cochon pour travailler le mental qui va probablement être mis à rude épreuve d'ici la fin du parcours. Je bois bien salé,empoche des sucreries et c'est reparti pour le sommet du Moucherotte.

 

La montée se fait bien régulièrement, et jusqu'en haut, sur la table d'orientation !! Puis la descente, mon point fort à l'époque où je m'entrainais. Je comprends dès les premiers mètres que la technique m'a abandonné, beaucoup me doublent, je ne vais pas assez vite mais mon léger surpoids (on ne rit pas !!!) m'oblige à me freiner en permanence, ce qui bouffe une énergie folle. C'est dit, se sera pire que la montée. je digère ça et me concentre que sur ma course, beaucoup me doublent mais bon...  retour sur Saint Nizier et son ravito après un passage raide et gras où plus personne ne double !!! Miam miam vite fait puis j'attaque la traversée descendante qui nous mène de Saint Nizier à St Paul de Varces, mais très vite nous revoilà sur une remontée qui fera bien mal avant la descente sur les tourbières du Peuil. Je suis plutôt seul depuis St Nizier, et c'est pas plus mal. J'en profite pour bigophoner le prochain relayeur pour qu'il aille à Vif, j'estime mon arrivée à dans 2 heures, il a le temps de finir sa sieste !!!

 

Je passe à Savoyères sans abîmer la ligne d'arrivée de notre célébrissime "grimpée de Savoyères", puis plongeon sous ligne pour une descente bien cassante et technique sur St Paul de Varces. Avant le ravito à l'église, une longue partie goudronnée sous le cagnard de 15 h fait mal, je dois marcher pour faire passer une douleur au genou et du coup ça chauffe, ça chauffe... Passage où c'est dur dans la tête, mais je me refais la cerise au ravito, un coup de crème solaire rapide pour finir le parcours, puis c'est rapidement la montagne d'Uriol qui se dresse devant moi. Ultime difficulté de 400 m de dénivelé, mais en fin de parcours c'est horrible... Je la ferai en compagnie de quelques trailers du parcours solo, je m'arrête 3 fois la tête posée sur les bâtons en marmonnant des injures sur le sommet qui n'arrive jamais, on se reboost entre concurrents et c'est au mental que je finis les 100 derniers mètres de dénivelé positifs du parcours. En haut un gros troupeau s'est arrêté pour récupérer, je les salue et ne m'arrête pas en me disant "si je me pose, je repartirai jamais", puis la ligne est là, je perçois les bruits de la ville, le moral remonte !!!

 

Descente sur Vif où je déroule mal, la foulée est tassée mais qu'importe, je sais maintenant que j'irai au bout, je me gaffe de la déconcentration de fin de parcours et mange une dernière barre de céréale car ça gargouille, on sait jamais, il reste 4 km et je ne compte pas mettre 1 h pour les faire !!! Puis les toits de Vif grossissent à vue d'oeil et passent au-dessus de ma tête, c'est le goudron, il reste 3 km... Je plie mes bâtons avec un sourire indissimulable, des familles nous encouragent sur le bord, ça fait du bien même si la foulée est maintenant complètement inefficace, on dirait sûrement un zombie... J'alterne marche et footing tant l'énergie est basse, mais un ami en VTT que je croise me reconnait et fait 1 km à côté, c'est génial car on discute et je cours sans m'en apercevoir, comme quoi c'est bien la tête qui commande !!!

 

Derniers virages entre les immeubles puis le gymnase, une ligne droite et au bout, Sébastien trépigne d'impatience aux côtés de Virginie et les enfants, Clément fera les 20 derniers mètres avec moi, il court plus vite que moi !!!

C'est maintenant Seb qui va en découdre avec le massif du Taillefer, une tape dans le dos et quelques mots échangés, puis le voilà parti. Je lui souhaite surtout du courage + que les jambes, lui et le suivant auront la nuit comme compagne de course. Marc, le 3ème relayeur de Belledone est là aussi. Je suis épuisé mais tellement content d'avoir pu finir, c'était pas gagné sans entrainement spécifique. Je suis trempé jusqu'à l'os de sueur, je me change et zou, retour sur Echirolles !!!

 

La leçon à retenir est que le vélo c'est bien, mais totalement insuffisant pour préparer un trail et que le saucisson nuit gravement à la performance !!! Mais c'est si bon !

Bref, un grand moment de bonheur quand même pour nous 4 que l'on refera l'année prochaine, avec un temps de référence à battre...

J'aurais mis 8 h 20 à boucler les 47 km et 2500 m D+, ce qui est très moyen, mais notre but était de finir, c'est tout. On ne pouvais raisonnablement pas envisager mieux avec notre niveau.

 

Nous finissons 50ème sur 58 en 32 h 20.

 

Maintenant, place à la montée de la Bastille, autre style, autre effort !!!

Rédigé par scale.over-blog.fr

Publié dans #Les résultats adultes 2014

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